Exposition « Vegetare »: deux artistes, deux expressions plastiques

Au musée Théodore Deck et des Pays du Florival de Guebwiller, se déroule en ce moment et jusqu’au 24 avril prochain l’exposition Vegetare. Nous invitant à découvrir deux plasticiennes à la démarche artistique bien différente, cette exposition fait écho aux collections présentes sur les cinq niveaux de cette bâtisse canoniale du XVIIIème siècle.

Détails d'une oeuvre de Françoise Ferreux
Détails d’une oeuvre de Françoise Ferreux

« Le choix de la fibre de lin s’est installé tranquillement comme une évidence. Le lin m’offre son histoire, sa constance et sa sobriété », explique Françoise Ferreux, plasticienne originaire de Belfort vivant en Alsace. Utilisant le matériau textile comme un sculpteur façonne la glaise, Françoise Ferreux cherche à produire une composition inattendue. Son processus de création demande de la rigueur et de la minutie jusqu’à atteindre son paroxysme ; un état de méditation que l’artiste tient à éprouver. Sa démarche intègre le temps. Une durée nécessaire à la construction de formes influencées par la nature, qu’elle observe avec attention. Cette inspiration est également à l’origine de ses dessins, reproduisant des détails d’arbres aux branches sinueuses et à l’écorce fortement creusée. Choisir le crayon n’est pas anodin. Cet outil modeste et simple permet de travailler les contrastes, les effets de texture modelés par des traits successifs et précis.

Détails d'une oeuvre de Pascale Klingelschmitt
Détails d’une oeuvre de Pascale Klingelschmitt

Quant à Pascale Klingelschmitt, sa « tentative est de recréer un nouvel équilibre dans les possibilités offertes ». La céramique, le verre et la gravure sont ses moyens d’expression. L’artiste parle de ces matériaux en ces termes : « la terre est le support privilégié de la notion de cycle que la nature porte en elle, véhiculée par le végétal ou l’humain. Le verre s’impose dans la matérialisation de la transparence ou la circulation des flux. La gravure serait un mode intermédiaire permettant le transfert de la terre au verre quand les problématiques de profondeur et d’intimité sont soulevées ».
Les céramiques ainsi exposées ont une structure organique particulière. Telles des racines se développant, les formes s’entremêlent et se déploient donnant l’impression que les sculptures prennent vie sous nos yeux. Au bout de ces tiges, une sorte de fleur recroquevillée attend de pouvoir éclore. Tout est figé dans un mouvement d’apparence aléatoire, alors qu’il s’agit du résultat d’un travail fastidieux.

Se nourrir de ce qui nous entoure, observer la nature et s’en inspirer. C’est justement ce qui relie ces deux artistes. La recherche constante de se sentir en accord avec le végétal, l’organique et l’humain ; être en contact avec des matériaux bruts et simples renforcent l’idée d’une quête spirituelle dans la création artistique. « Le lien est là qui croise des fils, petit à petit, le lien est là qui crée des mélanges, le lien se fait et se répète à l’infini. C’est pour moi le lien qui fait se rapprocher, se connaître, se reconnaître, se construire et se définir », écrit Françoise Ferreux. Ceci peut s’appliquer également au travail de Pascale Klingelschmitt. Ces deux artistes ont une démarche similaire et l’exposition en est le témoin. Nous déambulons au milieu des œuvres sans se poser la question de qui est l’auteure. L’espace occupé au rez-de-chaussée est homogène et les pièces communiquent entre elles. Toutefois, l’exposition n’est pas accessible à tout le public. En effet, une partie se situant dans les étages n’est visible qu’en payant l’entrée du musée.

Caroline.

Musée Théodore Deck et des Pays du Florival
1, rue du 4 février 68500 Guebwiller

Ouverture : jeudi et vendredi de 14h à 18h
Samedi, dimanche et jours fériés de 10h à 12h et de 14h à 18h

françoise.ferreux.perso.sfr.fr/sommaire.html
pascaleklingelschmitt.com/WorldPress3/

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« Nous Autres », nous-mêmes…

En résidence au shadok, Gaëtan Gromer est en train de créer un itinéraire sonore à travers la ville. Intitulé « Nous Autres », c’est un portrait de société qu’il va peut-être dresser en nous proposant d’écouter à travers les murs, tout autour de nous, lors de nos promenades à travers Strasbourg dès le 10 avril….

"Nous Autres", Gaëtan Gromer, 2015-2016
« Nous Autres », Gaëtan Gromer, 2015-2016

Ce monde dans lequel on vit, quel est-il ? Qu’est-il en train de devenir ? Que sommes-nous en train d’en faire ? La technologie est de plus en plus présente, à tel point que les moyens de communiquer les uns avec les autres sont tels qu’on en oublierait presque de réellement vivre (plutôt que virtuellement).

Constats (sans jugements aucun, hein !) ou plutôt addition :
. la technologie est partout dans nos vies, nos machines sont de plus en plus “intelligentes” (avec les M2M qui se parlent entre elles afin de prévenir le fabriquant d’un éventuel dysfonctionnement par exemple);
+ nous vivons dans une société hypercommunicante où les réseaux sociaux sont au cœur de nos vies, qu’on les aime ou non, qu’on s’en serve ou non, on finit souvent par en parler (je veux parler des facebook, twitter, instagram, snapchat, google+ et autres) ;
+ ces réseaux, nos mails et autres nous demandent de plus en plus d’infos personnelles (pourquoi google a besoin de notre numéro de téléphone pour créer une adresse email ?) ;
+ de plus en plus, nous lisons sur des sites internet, nous commandons en ligne, nous préparons nos vacances virtuellement, nous planifions, organisons nos vies via des applications, smartphones ou autres, nous téléchargeons des applications qui nous disent où nous sommes, le nombre de calories que nous ingurgitons, etc. Bref, de plus en plus nous communiquons donc de manière virtuelle et nos vies sont liées au numérique ;
+ sur ces réseaux, nous devenons exhibitionnistes et voyeuristes (comment ça, non ?), nous disons ce qui nous passe par la tête, nous montrons des moments de nos vies, nous les présentons à nos amis mais aussi à de parfaits inconnus (ah ben oui, les administrateurs de ces sites, pour pouvoir les administrer, ils regardent, non ? Ah zut, j’avais dit que je ne porterai pas de jugement, mais ce n’en est pas vraiment un, c’est un constat), et en faisant cela, nos amis, nos connaissances, nos parfaits-inconnus-que-nous-avons-accepté-dans-nos-contacts deviennent voyeurs de nos vies telles que nous voulons les exposer (parfois sans réfléchir qui voit ou non) ;
+ ces réseaux (facebook essentiellement pour ce point-là) nous place en juge ; quand quelque chose nous choque, nous pouvons le signaler, le bloquer (c’est comme ça que “L’origine du monde” de Courbet se retrouve bloqué – le sexe, c’est mal – mais que, comparativement, des pages d’incitation au racisme continuent d’exister, bizarre, bizarre) ;
+ nous accédons à ces réseaux, mails, sites, applications au moyen d’ordinateurs, tablettes ou téléphones ;
+ quand nous téléchargeons une application quelconque (l’appli Le Monde.fr par ex, pourquoi a-t-elle besoin de notre localisation ? Idem pour la lampe de poche de nos téléphones), quand nous nous connectons sur un site, nous sommes localisés et nos données circulent (jusqu’où ? Pourquoi ? Dans quel but ? Nous posons-nous assez ce genre de questions ?) ;
+++ et je pourrais encore continuer…
= un/ notre monde connecté où nous donnons sciemment nos données, nos localisations, nos infos et acceptons que “on ne sait pas qui” fasse ce que bon lui semble (de l’argent essentiellement) avec ce que nous partageons.

Après tout ça que pouvons-nous faire ? Avec tout ça, qu’allons-nous faire ?
On peut, ou non, être d’accord. On peut, ou non, y avoir déjà réfléchi. On peut, ou non, avoir envie de trouver des solutions. On peut, ou non, s’en foutre comme de l’an quarante de tout ça et vivre milieu de nulle part sans réseau aucun. On peut, ou non, s’en refoutre royalement et se plonger dans cette communication totale et cette exhibition jusquauboutiste. Mais on peut aussi pousser plus loin ce que tout cela fait et peut provoquer.

Gaëtan Gromer, artiste sonore, propose « Nous Autres », une application qui est une incitation à se pencher sur notre monde et ce que nous en faisons (parce qu’on l’a signé ce pacte avec le diable, oups… google, facebook etc. pardon !). À partir du 10 avril, on pourra se promener dans Strasbourg et écouter ce qu’il se passe derrière les murs de nos habitations, bureaux, etc. D’ici là, l’équipe qui travaille avec Gaëtan (de l’ingénieur en informatique qui crée le logiciel, à la personne qui trie les sons en passant par l’équipe du Shadok où il est en résidence) prépare l’itinéraire qui pourra « s’entendre » dans toute la ville et récolte des sons. Moi, vous, nous tous pouvons y participer en téléchargeant l’application (IOS et Android pour l’instant) à partir de laquelle on peut s’enregistrer et puis l’envoyer afin que ce soit intégré dans le parcours.

Ce travail-là, c’est une expérimentation pour eux comme pour nous. Nous pouvons nous enregistrer (en train de manger, papoter, se disputer, prendre notre douche, regarder la télé, faire faire des devoirs, être en cours, faire l’amour, être au boulot, en réunion ou que sais-je encore) et nous pouvons envoyer cette captation sonore afin que de parfaits inconnus puissent nous écouter dans quelques temps. Ils ne sauront pas qui nous sommes mais c’est néanmoins une part de qui nous sommes, de notre intimité qui sera ainsi dévoilée. Avons-nous envie de cela ? Ne le faisons-nous pas déjà par d’autres biais ? Puis, nous pourrons écouter et nous confronter à l’intimité d’autres personnes (et la nôtre peut-être aussi si on [n’]a [pas] de [la] chance).

« Nous Autres » de Gaëtan Gromer est une application, une œuvre sonore dont l’idée est de nous pousser à reproduire ce que nous sommes déjà nombreux à faire quotidiennement : on observe, on se montre, on se démontre, on se démonte… On dit où nous sommes, qui nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous aimons au monde entier. Le hic : ce monde est-il bienveillant ou veut-il faire du bénéfice ? Ce que nous sommes nombreux à faire sans trop y réfléchir (se plonger à corps perdu dans le numérique, les réseaux sociaux, la surenchère de la monstration de soi…), pourrons-nous continuer à le faire après avoir été (dans) « nous autres »? Expérimentons maintenant, expérimentons après le 10 avril, expérimentons et réfléchissons avec ce que nous propose Gaëtan Gromer.

Cécile.

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Plus d’infos par là:

http://gaetangromer.com/ + http://gaetangromer.com/portfolio-items/nous-autres-2015/

http://www.shadok.strasbourg.eu/

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À vos  Z'amours, Karine Elghozy et Etienne M

Vivre d’amour et d’eau fraîche

Je ne sais pas si c’est la proximité avec la Saint-Valentin où si c’est mon humeur du moment qui fait ça, mais actuellement mes sujets de prédilection sont en lien avec l’amour et tout ce que ça implique.
Du coup, j’ai décidé d’être une sorte de Cupidon et de vous parler de ce sujet (ou au moins d’essayer).
Dans un premier temps, je me suis demandée qui était ce « fameux Valentin » parce que je n’aimais que très moyennement l’idée de célébrer un saint (d’une part), et que j’aimais bien l’idée d’avoir les références de celui que j’ai en face de moi (d’autre part). Lorsqu’on passe un entretien d’embauche, le recruteur a bien notre CV sous les yeux. Du coup, je veux le CV du dit Valentin.
Pourquoi la Saint-Valentin est-elle la fête des amoureux ? Quelle est son histoire ? Quel cadeau offrir (si tant est qu’il faille offrir un cadeau) ?

14 Février ?

Si j’ai bien compris, la date à laquelle nous fêtons la Saint-Valentin est un héritage de la Rome Antique. Il est alors question des Lupercales. Celles-ci célèbrent Faunus Lupercus, le dieu de la fécondité, des bergers et des troupeaux. À l’origine il s’agit d’une fête païenne qui se déroule en trois étapes. La première étape consiste pour les prêtres, de sacrifier un bouc dans la grotte de Lupercal (au flanc du Mont Palatin), où selon la légende, la louve allaita les fondateurs de Rome : Romulus et Rémus. La seconde étape consiste ensuite à enduire de jeunes hommes, issus de familles nobles, du sang du sacrifice dans un cérémonial qui symbolise la purification des bergers.
La troisième étape est la « course des luperques ». Lors de cette course, les prêtres et les jeunes garçons, couverts de la peau des bêtes sacrifiées, courent dans les rues de la ville et fouettent les passants avec des lanières découpées dans la peau du même animal. Les femmes se placent alors sur leur trajet, dans l’espoir (dit-on) d’avoir une grossesse heureuse et un accouchement sans douleur.
Finalement, les célébrations se terminent par un grand banquet, au cours duquel les jeunes hommes tirent au sort leur compagne pour la soirée. Une pratique qui entraîne parfois la formation de couples durables et mène vers le mariage (Halleluia).
Sans passer pour une féministe à deux euros, j’aime moyennement l’idée d’un tirage au sort (encore plus lorsqu’il est à sens unique). Cet épisode ne me paraît pas très (pour ne pas dire, pas du tout) égalitaire (puisque seuls les garçons ont le droit de tirer au sort).

Et Valentin dans tout ça ?

Il semblerait que les points de vue des historiens divergent quant à l’identité de Valentin. Il semblerait (encore une fois), qu’il existe pas moins de sept saints répondant à ce nom, tous célébrés le 14 Février. Pas très fiable tout ça (évidemment, je dis ça je dis rien).

Stanislas Nordey et Audrey Bonnet dans Clôture de l'amour de Pascal Rambert (TNS, sept. 2015)
Stanislas Nordey et Audrey Bonnet dans Clôture de l’amour de Pascal Rambert (TNS, sept. 2015)

Fête des amoureux ?
L’association de la Saint-Valentin à la fête des amoureux remonte au Moyen-Âge. À cette époque, la tradition veut que les jeunes gens s’adonnent à une forme de « loterie de l’amour » (pratique héritée des tirages au sort des Lupercales que j’ai évoqué précédemment). Donc, les hommes tiraient au sort le nom de leur compagne et l’accrochaient à leur manche pendant la durée des fêtes. Par la suite, le « Valentin » est devenu le cavalier qu’une jeune femme choisissait pour l’accompagner le premier dimanche de Carême, lors de la fête des « Brandons » (fête pendant laquelle la foule parcourt la campagne, et chasse les mulots, les taupes et les mauvaises herbes des champs).
Si je comprend bien, ces différents éléments démontrent que la Saint-Valentin est une pure invention.
Du coup, cadeau ou pas cadeau ?

Si, malgré tout vous décidiez tout de même de gâter votre Jules (je ne voulais pas dire votre Valentin) ou votre dulcinée (pour ne pas dire votre Valentine), j’ai deux trois petites idées en stock (un peu ironiques quand même). Parce que, le dîner au restaurant, le dîner aux chandelles, le bijou, le bouquet de fleurs, le massage ou la boîte de chocolat, c’est vu et revu.

Cadeau n°1 : Clôture de l’amour

Clôture de l'amour - Pascal Rambert, ed. Les solitaires intempestifs, ISBN : 978-2-84681-325-9
Clôture de l’amour – Pascal Rambert, ed. Les solitaires intempestifs, ISBN : 978-2-84681-325-9

Pour commencer, je vous suggère de lire le très beau texte de Pascal Rambert intitulé « Clôture de l’amour ». Cette pièce a d’ailleurs été interprété au TNS à l’automne dernier par Stanislas Nordey et Audrey Bonnet.
Le texte révèle un couple qui se déchire et règle ses comptes dans une salle de répétition. C’est l’histoire de Stan et Audrey qui se sont aimés mais qui ne s’aiment plus. Ils vont se parler. Mais on est bien loin du dialogue traditionnel. On a à faire à deux monologues qui se font face, qui se disent.
Tout s´effondre ; c´est la fin, la fin d´un amour et de tout ce que cela implique. Le texte est extrêmement dur, une sorte de déflagration, une tension saisissante.

« Je n’ai plus de désir pour toi je ne peux pas le dire autrement je te regarde et je n’ai plus de désir… j’en sors l’amour est une secte soudain le monde s’ouvre et ce soudain c’est aujourd’hui »

C’est un texte poétique qui parle d’un couple qui se délite, qui se fane, qui s’efface. Je ne suis pas ressortie indemne de ce texte. J’ai subi un choc, une détonation, j’étais suffocante et perturbée, mais heureuse d’avoir pu mettre des mots simples, justes, sur une situation vécue.

« À partir de maintenant je t’interdis de dire un mot sur mon travail… maintenant tout est dehors tu as tout déballé tout est à vue mon intériorité elle te saute au visage elle va te sauter au visage à la gorge dépecer ton extérieur flamboyant… »

Le texte impose au lecteur de passer par différents sentiments, et de faire potentiellement écho à des événements connus. Pascal Rambert propose une variation sur l’amour et sur les différentes formes que celui-ci peut prendre au cours d’une vie. Entre absence et abondance d’amour, ce texte est un sommet.

Cadeau n°2 : À vos Z’amours

Ensuite, je vous suggère les deux tomes de la Bande-dessinée intitulée « A vos Z’amours ». Au début, le titre m’a fait penser à l’émission de télévision du même nom, j’étais un peu sceptique. Finalement, cette BD est pleine d’humour et elle fait vraiment beaucoup de bien.
Le premier tome intitulé « d’Amour toujours en petit Matin blême » a été scénarisé par Karine Elghozi et mis en images par Pierre Uong. Le second tome intitulé « D’une Nymphomanie ruineuse jusqu’à zéro et plus… » a été dessiné par Étienne M (et toujours scénarisé par Karine Elghozi).

A vos Z'amours, Extrait
A vos Z’amours, Extrait

La BD fonctionne comme un abécédaire de l’amour vu par une trentenaire à la recherche de l’âme sœur, championne toute catégorie en bourdes et lapsus et dont les aventures amoureuses sont commentées par une créature étrange. 27 lettres de l’alphabets : soit autant d’histoires amoureuses, drôles et mordantes dans la vie et les déboires de Kassy. Et si la gent masculine est (gentiment) égratignée, rassurez-vous l’héroïne fait sourire et réagir. Nous aussi on en prend pour notre grade.

A vos Z'amours, Extrait
A vos Z’amours, Extrait

Vous l’aurez sans doute compris, la Saint-Valentin très peu pour moi !
C’est une fête commerciale, symptôme d’une société en quête d’amour, incapable de déclarer sa flamme à d’autres occasions que lorsque le marketing l’a décidé. L’amour à grande dose : c’est ça qui est important.
L’amour ce n’est jamais ce qu’on croit. L’amour c’est ce qu’on est prêt à donner. C’est ce qu’on est prêt à recevoir. L’amour c’est des grandes épopées. L’amour c’est des tornades, des vagues à l’âme, des intensités et des fréquences qui se transforment. L’amour c’est une passion torride, dévorante, c’est un tas de mots et de maux, parfois, souvent indescriptibles.

Alors je vais continuer à lire, à aller voir des expositions, à aller voir des pièces de théâtre, qui traitent du sujet. Surtout je vais continuer de rêver. Mais par pitié … arrêtez avec la Saint-Valentin !

À nos z’amours … À Roméo et Juliette, à Tristan et Yseult, à vous, à nous.

 

Anaïs

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Aller + loin:

Pascal Rambert, Clôture de l’amour (GRAND PRIX DE LITTERATURE DRAMATIQUE 2012)  : le site des éditions 

Pour en savoir plus sur Karine Elghozi : http://enfantsrouges.com/karine-elghozi/

Un extrait de la pièce Clôture de l’amour : https://vimeo.com/55860767

 

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Courbet toujours aussi sulfureux

Jean-Charles.

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Aller + loin:

Gustave Courbet: https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Courbet

Au sujet de « L’Origine du monde » de Gustave Courbet: http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/recherche/commentaire_id/lorigine-du-monde-125.html

Des scandales autour de « L’Origine du monde »: https://www.francebleu.fr/infos/societe/videos-la-scandaleuse-origine-du-monde-de-courbet-revient-ornans-1402030800

Le pourquoi de ce dessin (mais où allons-nous?): http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2016/01/26/les-statues-du-musee-du-capitole-recouvertes-pour-la-visite-du-president-iranien/

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Le Musée Unterlinden: sous le signe du renouveau

Près de six ans ont été nécessaires au cabinet d’architectes Herzog & de Meuron pour agrandir le musée colmarien. Inauguré ce week-end par notre président, François Hollande, le musée Unterlinden propose une exposition en adéquation avec la nouvelle extension. Visible jusqu’au 20 juin dans la salle Ackerhof, « Agir, contempler » offre un panel d’œuvres très divers et s’étale sur plusieurs siècles d’histoire.

Le Retable d'Issenheim, La Crucifixion. Photo: Caroline Mégel.
Le Retable d’Issenheim, La Crucifixion. Photo: Caroline Mégel.

Dans cet ancien couvent des dominicains fondé au XIIIème siècle, les visiteurs sont amenés à découvrir des trésors archéologiques, des échantillons de l’art rhénan et des œuvres d’art contemporain. Cependant, le Retable d’Issenheim reste à mon sens la plus précieuse des reliques de la région alsacienne. Fruit d’une collaboration de deux artistes talentueux, ce chef-d’œuvre représente les événements centraux de la vie de Jésus-Christ et de celle de Saint Antoine, patron de l’ordre des Antonins. Réalisé entre 1512 et 1516, le retable se trouve depuis 1852 au milieu de ce vaste édifice.

Après avoir déambulé autour du cloître entourant le jardin central, nous nous immergeons dans l’ambiance feutrée de ce sanctuaire. L’atmosphère spirituelle, qui s’en dégage, est accentuée par les sculptures à l’effigie pieuse et sereine de la Vierge à l’Enfant, logées dans une pièce à traverser avant de pénétrer dans la grande nef. Un désir soudain de recueillement se fait ressentir dans ce lieu majestueux. Les premiers panneaux, peints aux XVème siècle, donnent de la couleur à cet environnement épuré et solennel. Servant d’introduction au Retable d’Issenheim, ils retranscrivent l’histoire de Jésus avec moins de virtuosité que l’œuvre du peintre Grünewald – mise en valeur par la partie sculptée, réalisée par Nicolas de Haguenau.

Le Retable d'Issenheim, Le Concert des anges et la Vierge à l'Enfant. Photo: Caroline Mégel
Le Retable d’Issenheim, Le Concert des anges et la Vierge à l’Enfant. Photo: Caroline Mégel

Malgré la température glaciale, la splendeur de la pièce maîtresse du musée nous réchauffe à sa vue. Après contemplation, les infimes détails surgissent grâce à l’esthétique délicate et minutieuse de la touche assurée de l’artiste. Deux palettes s’opposent : des couleurs chatoyantes aux tonalités ardentes et des teintes plus froides mais tout aussi lumineuses. Les premières concernent le Christ. Le réalisme de son corps décharné et meurtrie ; le mouvement d’effroi, figé à tous jamais, des témoins éplorés ; les figurants l’accompagnant de sa naissance à sa mort ; toutes les émotions transparaissent par l’utilisation de couleurs flamboyantes, sur un fond sombre, pour atteindre l’âme des spectateurs.

Alors que les scènes, représentant les moments importants de l’histoire de Saint Antoine, sont peintes dans des tons bleutés sur un fond plus clair, laissant les fidèles plus indifférents. La présentation du retable est singulière. Habituellement un polyptyque est composé de volets se repliant sur une partie centrale. Ici les visiteurs peuvent tourner autour de chaque panneau successif, comme s’ils entraient dans l’œuvre.

Malheureusement, je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter le nouveau musée. Mais il me tarde de voir les œuvres de Monet, de Picasso, de Staël et de bien d’autres artistes de renom.

Caroline.

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Musée Unterlinden

Place Unterlinden 68000 Colmar

Ouverture: lundi, mercredi, vendredi et dimanche 10h-18h, jeudi 10h-20h

Fermé le mardi

Entrée 13 €

Entrée réduite 11 €

Entrée jeune (12 à 18 ans et étudiants) 8 €

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